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Arrr You Lost?

Une mer sans fin, une carte déchirée, et une Marine royale sans le moindre humour.

11 itérations 20 septembre 2026

Jouer à Arrr You Lost?

Mieux sur un téléphone, en mode portrait. Le jeu s'ouvre en plein écran ; le bouton retour du navigateur ramène ici.

Arrr You Lost? sur un téléphone

Le prompt

Après trois petits jeux d’arcade, je voulais quelque chose de plus grand : un monde qu’on puisse vraiment visiter. Une mer sans fin, des îles où accoster, une histoire pour donner envie de naviguer, des ennemis à fuir ou à combattre. Mobile d’abord, un seul fichier, rien à installer.

J’ai demandé un plan avant la moindre ligne de code. Il est revenu avec l’astuce qui fait tout tenir : la mer est découpée en carrés invisibles, et les îles de chaque carré sont tirées de ses coordonnées et d’un seul nombre. Rien n’est stocké : partez à cent lieues de là, revenez, la même île est toujours là, sous le même nom. La carte est celle du capitaine, déchirée en sept morceaux.

Le titre de travail était Dead Reckoning. J’ai préféré le jeu de mots.

Les itérations

Onze versions, racontées ici en cinq chapitres.

  1. Naviguer, rien d’autre. Des îles baptisées Isle of Mild Regret et Damp Biscuits Cay, une mini-carte, un journal de bord. Un seul défaut : je pouvais me déplacer, mais aucun bateau à l’écran — il était dessiné à côté, dans un coin. Une ligne a suffi.
  2. Une raison de s’arrêter. L’accostage, des trésors enfouis, des bouteilles à la mer, et un marchand qui vend voiles, canons et blindage de coque. J’ai demandé si l’or tombait à un rythme juste ; il tombait bien.
  3. La Marine royale. Des sloops qui patrouillent, vous repèrent, tournent autour et tirent, de plus en plus méchants à mesure qu’on s’éloigne. Vos canons tirent tout seuls : barrer et viser d’un seul pouce, c’est trop. Ma seule critique : le kraken, une tache violette dans un monde de sable et de turquoise ; il est revenu en eau de tourbillon sombre, avec de vrais tentacules.
  4. L’histoire. Sept îles, sept personnages — un ermite qui doit de l’argent au capitaine, un gardien de phare dont la lumière est décorative, quatre cents perroquets qui répètent des secrets. Le vaisseau amiral garde le dernier morceau. C’est aussi là que je suis resté bloqué, littéralement : accoster figeait le bateau. Trois messages pour le cerner, un mot pour le corriger.
  5. L’ambiance. Chaque son inventé sur le moment — canon, pièces, mouettes, ressac — et pas un seul fichier audio. La musique aussi : Drunken Sailor, libre de droits depuis les années 1830 (l’air, oui ; les enregistrements célèbres, non), jouée note à note par le même petit synthé. Le jour et la nuit, et du brouillard qui cache la Marine jusqu’à ce qu’on l’entende.

Ce que j’ai appris

Demander le plan d’abord, quand le jeu est gros, et tester ce que donne la boucle principale — ici, barrer — avant d’empiler quoi que ce soit dessus. Et quand quelque chose casse sur mon téléphone mais pas de l’autre côté, il faut être précis : « the button is there but does nothing » (je tape mes messages en anglais) a mené droit au bug. « It’s stuck », non.

Ça vous a fait sourire, ou jurer ?

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